Mese: Gennaio 2019

L’Anti-Trump : la pensée de Xi Jinping sur le socialisme avec des caractéristiques chinoises pour une nouvelle ère

Face à la crise de la mondialisation impérialiste

L’Anti-Trump : la pensée de Xi Jinping sur le socialisme avec des caractéristiques chinoises pour une nouvelle ère

 

par Andrea Catone, Directeur de la revue MarxVentuno

 


VERSIONE ITALIANA


ENGLISH VERSION


 

Stimulé par une série de questions posées lors d’une interview lors du IXe Forum mondial sur le socialisme - un événement annuel organisé à l’automne à Beijing par le Centre de recherche sur le socialisme mondial de l’Académie chinoise des sciences sociales (CASS) et d’autres organisations politiques et culturelles en RPC - je propose les réflexions suivantes sur la pensée de Xi Jinping concernant l’entrée du socialisme chinois dans une nouvelle ère.

Foto del presidente Xi Jinping

La pensée du Secrétaire général du Parti communiste chinois a une valeur stratégique non seulement pour la Chine - et ceci en soi, étant donné la taille du territoire, de la population et de l’économie chinoises, a des répercussions sur le reste du monde - mais aussi pour les partis et les travailleurs communistes, pour les mouvements anti-impérialistes et contre le néocolonialisme, pour toutes les forces démocratiques et progressistes authentiques du monde.

“Nouvelle ère” implique que nous laissons derrière nous une “vieille ère”, que nous entrons dans une nouvelle phase de l’histoire de la Chine et du monde : non seulement de la Chine, mais de l’humanité entière. Et ceci non seulement parce que l’histoire de la Chine ne peut qu’influencer les destinées du monde, mais aussi parce que, comme l’écrit Xi, les destinées de la Chine et du monde sont interconnectées : “ En Chine, nous croyons que la Chine ne réussira que lorsque le monde réussira, et vice versa.” [1].

L’ère dans laquelle nous entrons est nouvelle, tant pour la Chine que pour le monde.

 

  1. La nouvelle ère pour la Chine

Qu’est-ce qui est nouveau et change pour la Chine ?

Quarante ans après le début de la politique de réforme et d’ouverture, le visage de la Chine a profondément changé. La RPC a fait un bond en avant extraordinaire dans le développement de ses forces productives. D’un point de vue économique et social, c’est la plus grande transformation que l’histoire de l’humanité n’ait jamais connue, qui a eu lieu dans des temps extrêmement courts sur le plan historique, qui mesure les grandes transformations en siècles et non en années ou décennies. Une transformation qui a touché un milliard et 300 millions de personnes, qui a sorti la grande majorité de la population chinoise de la pauvreté et conduit des centaines et des centaines de millions d’agriculteurs à s’urbaniser rapidement. Du point de vue de l’historien, il s’agit d’une entreprise extraordinaire, dont nous ne sommes peut-être pas encore pleinement conscients. Comme toutes les transformations majeures, elle ne se limite pas aux données économiques et à une croissance ininterrompue extraordinaire du PIB d’environ 10% en moyenne par an. La grande transformation de la Chine embrasse tous les domaines : social, culturel, politique, mentalités collectives, …

On peut observer une autre caractéristique extraordinaire de cette grande transformation : la compactesse, la sagesse, la capacité à corriger les erreurs, de la “classe dirigeante” chinoise, à savoir le parti communiste chinois. Quand je dis cela, je n’ignore pas les moments de tension et même de lutte aiguë qui se sont manifestés au sein du groupe dirigeant chinois sur les lignes à suivre ; cela fait partie de l’histoire et de la vie, qui se développent par contradictions. Mais l’équipe dirigeante chinoise a eu la sagesse et la capacité de surmonter positivement les contradictions, de maintenir fermement l’unité du parti, d’élargir la base des membres, d’étendre son influence dans la société. Et elle l’a fait en maintenant fermement en place les racines de son histoire et ses fondements, en les combinant avec les caractéristiques les plus avancées et les plus progressistes de la riche culture nationale chinoise : ce fut la sinisation du Marxisme.

Le PCC a étudié très attentivement l’expérience du socialisme soviétique et a tiré les leçons de la dissolution de l’URSS et des démocraties populaires en Europe centrale et orientale et dans les Balkans entre 1989 et 1991. (Parmi les nombreuses études, j’aimerais mentionner la conférence internationale organisée par la CASS en 2011, dont les actes ont été publiés par Li Shenming[2]). Parmi les causes diverses et complexes qui ont conduit à la catastrophe de 1989-91, l’échec politique, idéologique et organisationnel du PCUS, qui aurait dû jouer le rôle principal dans le processus de transition socialiste, joue un rôle décisif.

La Pensée de Xi accorde une attention particulière au Parti communiste, sous tous les angles : elle rappelle à chaque membre du parti, et en particulier aux dirigeants, que les règles et la discipline du parti doivent être strictement respectées[3], que dans un parti communiste il ne peut y avoir place pour la corruption, que celle-ci doit être combattue avec une extrême vigueur[4] ; elle appelle au travail quotidien pour un rapprochement toujours plus étroit entre le parti communiste et les masses[5]. De plus, Xi réaffirme la fondamentalité du marxisme : “ Nous ne devons jamais oublier nos origines et nous devons rester engagés dans notre mission. Le communisme chinois trouve son origine dans l’adhésion au marxisme, au communisme et au socialisme chinois et dans la loyauté au Parti et au peuple”[6]. Xi Jinping travaille pour l’étude et le développement du marxisme, en donnant une impulsion aux écoles du marxisme qui se répandent dans les instituts et les universités de Chine.

L’extraordinaire progrès économique, social et politique de la Chine au cours des dernières décennies lui a permis d’atteindre un certain stade dans le développement des forces productives. Le chemin de cette avancée extraordinaire a été marqué - comme toujours dans tout processus historique complexe - par des contradictions : entre classes sociales, entre ville et campagne, entre zones côtières et intérieures, entre régions plus ou moins avancées. Dans le rapport de Xi Jinping au 19e Congrès du PCC (octobre 2017), ils ont été condensés dans la formule “développement déséquilibré et inadéquat”. La qualité et l’efficacité du développement ne sont pas ce qu’elles devraient être, la protection de l’environnement est insuffisante, il existe encore de grandes disparités dans la répartition des revenus, dans le développement des zones urbaines et rurales et entre les différentes régions du grand pays ; le niveau de bien-être est encore insuffisant. Le PCC, qui a été formé sur l’étude et l’analyse concrète des contradictions (je me souviens des écrits bien connus de Mao Sur la contradiction, 1937, De la juste solution des contradictions au sein du peuple, 1957), dans le 19e Congrès saisit le caractère des contradictions et le changement de la principale contradiction :

Le principal problème est que notre développement est déséquilibré et inadéquat. C’est devenu le facteur limitant le plus sérieux pour répondre aux besoins croissants de la population en vue d’une vie meilleure. Nous devons reconnaître que l’évolution de la contradiction principale qui afflige la société chinoise représente un changement historique qui affecte l’ensemble du scénario et impose de nombreuses nouvelles exigences au travail du Parti et au pays. Sur la base d’efforts continus pour soutenir le développement, nous devons consacrer beaucoup d’énergie à remédier aux déséquilibres et aux insuffisances du développement et faire tout notre possible pour améliorer la qualité et les effets du développement. Nous serons ainsi mieux à même de répondre aux besoins économiques, politiques, culturels, sociaux et écologiques sans cesse croissants de notre peuple et de promouvoir le développement humain global et le progrès social global.

La nouvelle ère pour la Chine est donc celle du dépassement d’un développement déséquilibré et inadéquat et de la transition vers un développement harmonieux, respectueux de l’homme et de l’environnement, qui soit écologique et qui privilégie une croissance qualitative plutôt que quantitative. La construction moderne du socialisme aux caractéristiques chinoises se divise en trois phases : d’ici à 2020, elle vise à achever la création d’une société avec un niveau de bien-être généralisé ; de 2020 à 2035, elle vise à jeter les bases de la modernisation socialiste ; de 2035 au milieu du siècle, elle vise à transformer la Chine en un pays socialiste moderne fondé sur l’harmonie, la beauté et une civilisation démocratique.

Dans son rapport au XIXe Congrès, Xi a énuméré 14 points :

  1. la direction du parti sur tous les aspects de la société ;
  2. la politique doit être axée sur les personnes ;
  3. approfondir la réforme dans son ensemble ;
  4. un nouveau concept de développement (innovation, coordination, économie verte, ouverture et partage) ;
  5. le peuple est le maître du pays ;
  6. respecter la primauté du droit, gouverner le pays dans son ensemble conformément à la loi ;
  7. développer un système de valeurs socialistes et de confiance dans leur propre culture ;
  8. soutenir et améliorer les moyens d’existence de la population ;
  9. la coexistence harmonieuse de l’homme et de la nature (civilisation écologique) ;
  10. la sécurité nationale ;
  11. la pleine direction du Parti sur l’armée ;
  12. « Un pays, deux systèmes » : promouvoir la réunification avec Taiwan ;
  13. lutter pour une communauté internationale avec un avenir commun pour toute l’humanité (ceci a été inclus dans le nouveau statut du PCC) ;
  14. gouverner le parti d’une manière complète et rigoureuse.

 

  1. La nouvelle ère pour le monde

La nouvelle ère ne concerne pas seulement la Chine, mais le monde entier. Quelle ère touche à sa fin et laquelle doit-on commencer ? Quel est le caractère de la nouvelle ère ?

Il y a une trentaine d’années, après 1989-1991, qui a mis fin à l’URSS et aux démocraties populaires en Europe, la mondialisation impérialiste, menée par les États-Unis, qui se sont présentés comme les gagnants absolus de la guerre froide, a gagné du terrain dans le monde.

Cette mondialisation, mise en œuvre par des guerres bellicistes, a bouleversé d’importantes régions de la planète, la zone des pays de la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) ; elle a conduit à l’absorption par l’OTAN et l’UE, sous le contrôle du capital occidental, des anciens pays socialistes d’Europe orientale et des Balkans et certaines anciennes républiques soviétiques ; elle a perturbé les économies des pays africains.

Mais l’avancée de la mondialisation impérialiste s’est arrêtée devant la résistance de la Russie qui, depuis 1999, a viré Eltsine et a été gouvernée sous la direction de Poutine ; et qui n’a pu faire face aux contradictions croissantes au sein du système capitaliste. La crise qui a débuté aux États-Unis en 2007-2008 (une bulle financière résultant d’une expansion aveugle du crédit - les prêts hypothécaires à risque - pour répondre à une demande insuffisante) a été répercutée sur les économies de l’UE, dont le système interne inspiré de l’”ordolibéralisme” allemand a permis à certains pays plus forts - l’Allemagne en premier lieu - de transmettre la crise aux pays plus fragiles, les “PIIGS”, qui ont dû adopter une politique de rigueur, de baisse ou d’élimination des prestations, d’ajustement des salaires. Cela a aggravé la crise dans ces pays, avec une baisse de la demande intérieure et un recul du PIB dans une spirale récessive. Cela a conduit à une chute verticale du soutien aux partis politiques qui ont gouverné pendant la crise, avec une croissance exponentielle des mouvements populistes et “ souverainistes “, qui proclament la dissolution de l’UE comme seule solution possible.

La mondialisation libérale a également affecté la structure économique des États-Unis, qui est devenue de plus en plus financiarisée, soutenue par le dollar, dont le poids mondial en tant que monnaie de réserve et la dénomination des prix internationaux des matières premières, à partir du pétrole, est soutenu par la force militaire (les États-Unis seuls dépensent presque autant en armes que le reste du monde pris ensemble). Malgré l’énorme force militaire, les États-Unis ont dû faire face à la résistance des pays occupés, que les États-Unis et leurs alliés les plus fidèles, le Royaume-Uni, n’ont pas été en mesure de normaliser. Ils ont donc remplacé l’objectif de normalisation et de pacification de ces pays sous le contrôle direct ou indirect des États-Unis par la “stratégie du chaos” (adoptée par Obama et Hillary Clinton), qui ne visait plus à normaliser, mais à rendre ingouvernable une région cruciale du monde afin d’empêcher les autres pays d’en bénéficier. C’est une stratégie désespérée qui a affecté le consensus au sein de l’establishment américain. La victoire électorale de Trump fut la réponse au malaise interne américain [7]. Trump tente maintenant une autre voie, y compris la guerre commerciale pour regagner la place des États-Unis (“America first”).

La montée de Trump à la présidence américaine et l’avancée des forces populistes en Europe et au-delà sont une réponse à la crise d’hégémonie des classes dirigeantes occidentales, qui avaient tout centré sur la mondialisation impérialiste et sur l’unipolarité des États-Unis et de leur branche armée de l’OTAN. Cette réponse n’est pas progressiste, mais régressive : face à un monde de plus en plus interconnecté et à la construction possible d’une communauté de destin partagé pour l’humanité, Trump et les populistes-souverainists proposent une fermeture protectionniste dans leur cour intérieure, la priorité absolue de leur État par rapport aux autres (Donald Trump : “ America first “ ; Matteo Salvini : “ Les Italiens d’abord “). Face à la crise des démocraties libérales, ils proposent un retour à la démagogie populiste, qui a caractérisé le fascisme des années 20 et 30 du XXe siècle. Au XXe siècle également, avec la Première Guerre mondiale, un premier cycle de mondialisation s’est achevé, de ce que Marx définissait comme la tendance inhérente au développement bourgeois vers la réalisation d’un marché mondial. A la première mondialisation de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, il y avait deux réponses : l’une progressiste, socialiste et internationaliste, représentée par l’URSS ; l’autre réactionnaire, représentée par le fascisme et le nazisme. Un siècle plus tard, nous nous trouvons - avec toutes les différences nécessaires - dans une situation similaire : d’une part, la crise de la mondialisation impérialiste, de son faux internationalisme qui, au nom des droits de l’homme, a bombardé la Serbie et l’Irak, l’Afghanistan et la Libye, et a encouragé des révolutions colorées de la Géorgie à l’Ukraine, en essayant également d’attaquer Hong Kong ; d’autre part, les réponses réactionnaires de la fermeture protectionniste, de la réaffirmation de l’unipolarisme qui ne fixe aucune limite à l’exercice absolu de la souveraineté, avec pour conséquence la négation de l’existence d’une communauté mondiale (Trump nie les traités internationaux sur le climat et l’environnement, ne reconnaît aucun autre droit que celui de son propre super État). Ces deux positions - mondialisation impérialiste et souveraineté populiste - sont réactionnaires et mauvaises pour les peuples et le développement de la planète.

  1. La Chine et le monde dans la nouvelle ère

Face à la crise structurelle - économique, politique et culturelle - de la mondialisation impérialiste, nous avons assisté ces dernières décennies à la croissance extraordinaire de la Chine - et d’autres pays dans lesquels la révolution menée par les partis communistes, comme le Vietnam, a gagné.

La réforme et l’ouverture initiées par Deng Xiaoping en 1978 signifiaient l’ouverture de la Chine au marché mondial ; mais cette ouverture n’était pas aveugle, elle était plutôt dirigée et contrôlée par le PCC, qui avait son propre projet stratégique clair pour le développement des forces productives. Alors que la mondialisation menée par les États-Unis était caractérisée par l’impérialisme, et donc, comme l’écrivait l’économiste Chossudovski, la “mondialisation de la pauvreté” [8], l’ouverture de la Chine au marché mondial peut être définie comme une “mondialisation anti-impérialiste”, en ce sens que la Chine a adopté des stratégies et méthodes qui, en ouvrant ses régions et secteurs économiques au capital mondial, ont orienté le développement interne du pays.

Au cours des trois décennies qui ont suivi 1978, jusqu’au seuil du 18e Congrès du PCC (2012), la Chine s’est efforcée de rester discrète au niveau international, a soigneusement évité de devenir un protagoniste, tout en tissant - le Forum de Shanghai, les BRICS - un réseau important de liens avec les autres pays. Il s’agissait d’un choix judicieux qui a permis à la Chine de se concentrer sur les questions de développement interne et de se doter d’une base économique pour faire un nouveau bond en avant. Le développement des forces productives chinoises a été la principale préoccupation et, comme à l’époque du front uni antijaponais, tout devait être subordonné à l’objectif principal. Mais de même qu’après la défaite du Japon, le PCC a repris les objectifs stratégiques de la Révolution chinoise, de même, une fois qu’il a atteint un niveau de développement adéquat, la Chine se prépare à une nouvelle phase qui nécessite le développement d’une nouvelle politique.

C’est là qu’intervient le programme chinois d’une “ nouvelle mondialisation “ non impérialiste, par opposition à la mondialisation défaillante des États-Unis. L’idée fondatrice de cette “nouvelle mondialisation” est innervée et articulée dans une grande initiative, l’initiative Belt and Road, la nouvelle Route de la Soie. Il s’agit d’une initiative concrète de développement pour la Chine et le monde, et en même temps d’une proposition culturelle, étroitement liée au nouvel internationalisme de la Chine, à la lutte pour construire une communauté de destin partagé pour l’humanité entière.

Aujourd’hui, la Chine est le seul pays au monde qui propose au monde entier, à l’humanité entière, un projet extraordinaire de développement humain, qui peut devenir hégémonique, une idée clé acceptée et partagée par les peuples du monde.

Nous sommes à la croisée des chemins. L’ancienne route - qui malgré la fumée de la nouveauté est aussi celle de “America first” de Trump - est fermée, est en faillite. Tant la mondialisation impérialiste que le protectionnisme souverainiste et exclusif sont désastreux : ce sont deux formes réactionnaires spéculaires.

Xi propose une “nouvelle mondialisation”. C’est un projet non seulement économique, mais aussi culturel, d’universalisme concret dans la reconnaissance de la diversité et dans la proposition de lutter pour la construction d’une communauté de destin partagé pour l’humanité. C’est la vision stratégique de l’avenir du monde entier en tant que monde de plus en plus interconnecté, qui exige un nouveau type de mondialisation, complètement différent de celui mené par les États-Unis et les pays occidentaux, qui est en place depuis 1991. Les relations entre les pays du monde entier doivent être fondées sur une réciprocité gagnant-gagnant. En ce sens, la pensée de Xi Jinping est à l’opposé de celle de Trump sur “l’Amérique d’abord” : Xi pense à la communauté du destin commun de l’humanité, pas seulement à la destinée de sa nation. La pensée de Xi est universaliste, pas particulariste. Cet universalisme n’est cependant pas un universalisme abstrait, mais un universalisme concret, qui considère les conditions économiques et sociales concrètes, les contradictions entre classes sociales et États.

Dans son discours à l’ONU pour le 70e anniversaire, le 28 septembre 2015, Xi Jinping a dit :

Nous devons accroître les échanges entre les civilisations pour promouvoir l’harmonie, l’inclusion et le respect des différences. Le monde est plus coloré en raison de sa diversité culturelle. La diversité génère le commerce, le commerce crée l’intégration et l’intégration rend possible le progrès.

Dans leurs interactions, les civilisations doivent accepter leurs différences. Ce n’est que par le respect mutuel, l’apprentissage mutuel et la coexistence harmonieuse que le monde pourra maintenir sa diversité et prospérer. Chaque civilisation représente la vision et la contribution uniques de son peuple, et aucune civilisation n’est supérieure aux autres. Les différentes civilisations devraient avoir un dialogue et des échanges au lieu d’essayer de s’exclure ou de se remplacer les unes les autres. L’histoire humaine est un processus d’échange actif, d’interaction et d’intégration entre différentes civilisations. Nous devons respecter toutes les civilisations et nous traiter d’égal à égal. Nous devrions nous inspirer les uns des autres pour stimuler le développement créatif de la civilisation humaine [9].

Pour la Chine, la pensée de Xi est une innovation et s’inscrit dans la continuité de celle de Mao Zedong, Deng Xiaoping et d’autres leaders et théoriciens du socialisme à caractères chinois. La continuité s’inscrit dans une vision de la Chine en tant que pays en développement qui a besoin d’une période relativement longue pour développer ses forces productives et doit se concentrer sur cet objectif énorme : la Chine a obtenu de nombreux succès en quelques décennies et est maintenant la deuxième économie en importance dans le monde et se développe de plus en plus. Mais le changement que Xi a apporté n’en est pas moins important, car, compte tenu du niveau de développement des forces productives chinoises, Xi indique que la Chine est entrée dans une nouvelle phase, qui nécessite une nouvelle mondialisation. L’initiative Belt and Road n’est pas seulement une proposition concrète pour les pays d’Asie, d’Europe et d’Afrique ; c’est aussi une métaphore de l’idée de projeter la Chine dans le monde. C’est l’idée de la nouvelle mondialisation que Xi a exposée dans de nombreux discours contre la politique protectionniste de l’administration Trump.

En résumé, on peut dire qu’aujourd’hui dans le monde il y a deux visions opposées de l’avenir, et donc deux politiques opposées : la nouvelle mondialisation proposée par la Chine et un nationalisme exclusif, qui est une véritable régression pour l’humanité.

La conception internationaliste de Xi n’est pas l’effacement des intérêts nationaux de la Chine et du socialisme aux caractéristiques chinoises ; au contraire, c’est la reconnaissance que ces intérêts peuvent mieux se développer dans un monde interconnecté. C’est la dialectique de l’universel et du particulier, du national et de l’international.

Dans la “nouvelle ère”, nous entrons dans la nouvelle phase du développement de la Chine, qui vise à surmonter sa principale contradiction actuelle, comme l’a indiqué le 19e Congrès du PCC, et la proposition aux peuples du monde, au mouvement ouvrier et à toutes les forces authentiquement démocratiques et progressistes d’une sortie en avant (et non réactionnaire et rétrograde) de la crise de la mondialisation impérialiste.

C’est aux partis communistes et aux travailleurs du monde, aux forces véritablement démocratiques et progressistes, de relever le défi stratégique que propose la pensée de Xi.


NOTES

[1] Xi Jinping, The governance of China, vol. II, Foreign Languages Press, Beijing 2017, p. 597.

2] Voir: Nad etim razmyšljaet istorija. Zametki k 20-tiletiju s momenta razvala SSSR [Voilà de quoi parle l’histoire. Notes pour le 20e anniversaire de l’effondrement de l’URSS], Social Sciences Academy Press, Beijing, 2013.

[3] Xi Jinping, The governance of China, vol. II, op. cit., pp. 164-170.

[4] Xi Jinping, The governance of China, vol. II, op. cit., pp. 176-184, e diversi altri scritti e discorsi.

[5] Xi Jinping, The governance of China, vol. II, op. cit., pp. 456-478.

[6] Xi Jinping, The governance of China, vol. II, op. cit., p. 355.

[7] Je vous renvoie à mon « Mutamenti nel quadro mondiale. Trump, la Ue, L’Italia », in MarxVentuno n. 1-2/2018, également disponible sur https://www.marx21books.com/mutamenti-nel-quadro-mondiale-la-politica-internazionale-di-donald-trump-la-ue-litalia/ ou http://www.marx21.it/documenti/catone_mutamentinelquadromondiale.pdf.

[8] The Globalization of Poverty and The New World Order, Global Research, 2003.

[9] Cfr. “A New Partnership of Mutual Benefit and a Community of Shared Future”, in The governance of China, vol. II, p. 573.

Foto del presidente Xi Jinping

The Anti-Trump: Xi Jinping’s thought on socialism with Chinese characteristics for a new era

Confronting the crisis of imperialist globalisation

The Anti-Trump: Xi Jinping’s thought on socialism with Chinese characteristics for a new era

 

by Andrea Catone, Director of the magazine MarxVentuno

 


VERSIONE ITALIANA


VERSION FRANÇAISE


Motivated by a series of questions asked in an interview during the IX World Socialism Forum - an annual event now organized in autumn in Beijing by the World Socialism Research Center at the Chinese Academy of Social Sciences (CASS) and other political and cultural organizations in the PRC - I propose the following reflections on the thinking of Xi Jinping about the entry of Chinese socialism into a new era.

Foto del presidente Xi Jinping

The thinking of the General Secretary of the Chinese Communist Party has a strategic value not only for China - and this in itself, given the size of the Chinese territory, population and economy, impacts on the rest of the world - but also for the Communist parties and workers, for the anti-imperialist movements of struggle and against neo-colonialism, for all the authentic democratic and progressive forces of the world.

“New era” implies that we leave behind an “old era”, that we enter a new phase in the history of China and of the world: not only of China, but of the whole humanity. And this not only because the history of China cannot but influence the destinies of the world, but also because, as Xi writes, the destinies of China and the world are interconnected: “We in China believe that China will do well only when the world does well, and vice versa” [1].

The era we enter is new for both China and the world.

  1. The new era for China

What is new and changes for China?

Forty years after the start of the policy of reform and opening up the face of China has profoundly changed. The PRC has made an extraordinary leap forward in the development of productive forces. From an economic and social point of view it has been the greatest transformation that the history of mankind has ever known, which took place in extremely short times from the point of view of history, which measures the great transformations in terms of centuries and not years or decades. A transformation that has involved one billion and 300 million people, which has brought the vast majority of the Chinese population out of poverty and has led hundreds and hundreds of millions of farmers to urbanize quickly. Seen through the eyes of the historian, it was an extraordinary achievement, which we may not yet be fully aware of. Like all major transformations, it does not only embrace economic data and an extraordinary uninterrupted GDP growth of around 10% on average per year. The great Chinese transformation embraces all fields: social, cultural, political, collective mentality…

We can observe another extraordinary characteristic of this great transformation: the compactness, the wisdom, the ability to correct errors, of the Chinese “ruling class”, that is, the Chinese Communist Party. When I say this, I do not ignore the moments of tension and even acute struggle that have manifested within the Chinese leadership group on the lines to be followed; this is part of history and life, which develops through contradictions. But the Chinese ruling group has had the wisdom and the ability to positively overcome contradictions, to maintain the unity of the party firmly, to broaden the membership base, to extend its influence in society. And it has done so by keeping the roots of its history and its foundations firmly in place, combining them with the most advanced and progressive characteristics of the rich and articulated Chinese national culture: it was the sinization of Marxism.

The CPC studied the experience of Soviet socialism very carefully and drew lessons from the dissolution of the USSR and popular democracies in Central and Eastern Europe and the Balkans between 1989 and 1991. (Among the many studies, I would like to mention the international conference promoted by the CASS in 2011, the proceedings of which were published by Li Shenming [2]). Among the various and complex causes that led to the 1989-91 disaster, a decisive role is played by the political, ideological and organizational failure of the CPSU, which should have played the leading role in the process of socialist transition.

Xi’s Thought devotes particular care and attention to the Communist Party, from every point of view: it reminds every member of the party, and in particular the leaders, that party rules and discipline must be strictly observed [3], that in a Communist Party there must be no room for corruption, that it must be fought with extreme vigour [4]; it calls for daily work for an ever closer link between the Communist Party and the masses [5]. In addition, Xi reconfirms the fundamentality of Marxism: “We should never forget our origins and we must remain committed to our mission. Chinese communism has its origins in a belief in Marxism, communism and Chinese socialism, and loyalty to the Party and the people” [6]. Xi Jinping works for the study and development of Marxism, giving a boost to the schools of Marxism that are spreading among institutes and universities throughout China.

The extraordinary economic, social and political advance of China in recent decades has allowed it to reach a certain stage in the development of productive forces. The path of this extraordinary advance has been marked - as always happens in every complex historical process - by contradictions: between social classes, between city and country, between coastal and inland areas, between more and less advanced regions. In Xi Jinping’s report to the 19th CCP Congress (October 2017) they were condensed into the formula of “unbalanced and inadequate development”. The quality and effectiveness of development is not as it should be, environmental protection is inadequate, there are still large disparities in income distribution, in the development of urban and rural areas and between the different regions of the big country; the level of welfare is still inadequate. The CPC, which was formed on the study and concrete analysis of contradictions (I remember the well-known writings of Mao On Contradiction, 1937, On the correct handling of contradictions among the people, 1957), in the 19th congress grasped the character of contradictions and the change in the main contradiction:

The main problem is that our development is unbalanced and inadequate. This has become the most serious limiting factor in meeting the growing needs of the people for a better life. We must recognize that the evolution of the main contradiction afflicting Chinese society represents a historical change that affects the entire scenario and places many new demands on the work of the Party and the country. Based on continuous efforts to support development, we must devote great energy to addressing the imbalances and inadequacies of development and push hard to improve the quality and effects of development. With this, we will be in a better position to meet the ever-increasing economic, political, cultural, social and ecological needs of our people and to promote comprehensive human development and all-round social progress.

The new era for China is therefore the overcoming of unbalanced and inadequate development and the transition to harmonious development, respectful of man and the environment, environmentally friendly, which puts qualitative rather than quantitative growth first. The modern construction of socialism with Chinese characteristics is divided into three phases: by 2020 it aims to complete the creation of a society with a level of widespread well-being; from 2020 to 2035 it aims to create the foundations of socialist modernization, while from 2035 to the middle of the century it aims to transform China into a modern socialist country based on harmony, beauty and democratic civilization.

 

In his report to the XIX Congress Xi listed 14 points:

  1. party leadership on all aspects of society;
  2. politics must be people-centered;
  3. deepen the reform as a whole;
  4. a new concept of development (innovation, coordination, green economy, openness and sharing);
  5. the people are the sovereign of the country;
  6. adhere to the rule of law, govern the country as a whole according to the law;
  7. develop a system of socialist values and trust in our own culture;
  8. to support and improve the livelihoods of the people;
  9. harmonious coexistence of man and nature (ecological civilization);
  10. national security;
  11. full leadership of the Party over the army;
  12. “one country, two systems”: promoting reunification with Taiwan;
  13. to fight for an international community with a shared future for all of humanity (this has been included in the new CPC statute);
  14. govern the party fully and rigorously.

 

  1. The new era for the world

The new era is not just about China, it’s about the whole world. Which era is coming to an end and which one is it to start? What is the character of the new era?

About 30 years ago, after 1989-91 which brought the end of the USSR and the popular democracies in Europe, imperialist globalization, led by the USA, which presented itself as the absolute winners of the Cold War, gained momentum in the world.

That globalization, implemented through heated wars, has shaken important regions of the planet, the area of the MENA countries (Middle East and North Africa); it has led to the absorption into NATO and the EU, under the control of Western capital, of the former socialist countries of Eastern and Balkan Europe and some former Soviet republics; it has shaken the economies of the African countries.

But the advance of imperialist globalization has stopped before the resistance of Russia, which since 1999 has fired El’cin and has been governed under Putin’s leadership; nor has it managed to cope with the growing contradictions within the capitalist system. The crisis that began in the USA in 2007-2008 (financial bubble following an indiscriminate expansion of credit - subprime mortgages - to dope an insufficient demand) has been passed on to the economies of the EU, whose internal system inspired by German “ordoliberalism” has allowed some stronger countries - Germany in primis - to pass the crisis on to the most fragile countries, the so-called PIIGS, forced to adopt policies of austerity, of reduction or cancellation of welfare, of lowering wages. This has aggravated the crisis in these countries, with a fall in domestic demand and GDP in a recessive spiral. This in turn has led to a vertical fall in support for the political parties that governed during the crisis, with an exponential growth of populist and “sovranist” movements, which proclaim the break-up of the EU as the only possible solution.

Liberal globalization has also affected the economic structure of the United States, which has become increasingly financialized, focusing on the issue of dollars, whose world weight as a reserve currency and denomination of international prices of raw materials, starting from oil, is supported by military force (the U.S. alone spend almost as much in arms as the rest of the world put together). Despite the enormous military force, however, the USA has had to deal with the resistance of the occupied countries, which the USA and its most loyal allies, the United Kingdom, have not been able to normalize. So they have replaced the goal of normalizing and pacifying these countries under the direct or indirect control of the United States with the “strategy of chaos”. (adopted by Obama and Hillary Clinton), which no longer aimed to normalize, but to make ungovernable a crucial area of the world in order to prevent other countries from benefiting from it. It is a desperate strategy, which has affected the consensus within the US establishment. Trump’s electoral victory was the answer to the American internal malaise [7]. Trump is now attempting another path, including trade war to regain US leadership (“America first”).

Both Trump’s rise to the US presidency and the advance of populist forces in Europe and beyond are a response to the crisis of hegemony of the ruling classes of the West, who had focused everything on imperialist globalization and on the unipolarity of the US and its NATO armed wing. This response is not progressive, but regressive: with respect to an increasingly interconnected world and the possible construction of a community of shared destiny for humanity, Trump and the populist-sovereignists propose a protectionist closure in their inner courtyard, the absolute priority of their state in opposition to the others (Donald Trump: “America first”; Matteo Salvini: “ the Italians first”). Faced with the crisis of liberal democracies, a return to populist demagogy is proposed, which characterized the fascism in the 1920s and 1930s of the 20th century. Also in the 20th century, with the First World War, a first cycle of globalization was closed, of what Marx defined as the tendency inherent in bourgeois development to the realization of a world market. To the first globalization of the end of the 19th and the beginning of the 20th century there were two answers: a progressive, socialist and internationalist one, represented by the USSR; a reactionary one, represented by Fascism and Nazism. A century later, we find ourselves - with all the appropriate differences - in a similar situation: on the one hand, the crisis of imperialist globalization, of its false internationalism, which in the name of human rights has bombed Serbia and Iraq, Afghanistan and Libya, and has promoted colorful revolutions from Georgia to Ukraine, also trying to attack Hong Kong; on the other hand, the reactionary responses of the protectionist closure, of the reaffirmation of unipolarism that sets no limits to the absolute exercise of sovereignty, with the consequent disallowance of the existence of a world community (Trump denies the international treaties on climate and environment, recognizes no other right than that of its superstate). Both these positions - imperialist globalization and populist sovereignty - are reactionary and wrong for the peoples and the development of the planet.

  1. China and the world in the new era

Faced with the structural crisis - economic, political and cultural - of imperialist globalization we have seen in recent decades the extraordinary growth of China - and other countries in which it won the revolution led by communist parties, such as Vietnam.

The reform and opening initiated by Deng Xiaoping in 1978 meant China’s opening to the world market; but this opening was not indiscriminate, it was instead directed and controlled by the CPC, which had its own clear strategic project for the development of the productive forces. While the US-led globalization was characterized by imperialism, and therefore was, as the economist Chossudovski wrote, the “globalization of poverty” [8], the opening of China to the global market can be defined as an “anti-imperialist globalization”, in the sense that China has adopted strategies and methods that, opening regions and sectors of its economy to world capital, has directed it to the internal development of the country.

In the three decades since 1978, up to the threshold of the 18th CPC Congress (2012), China has tried to maintain a low profile at the international level, has carefully avoided becoming a protagonist, while weaving - the Shanghai Forum, the BRICS - an important network of ties with other countries. This was a wise choice, which allowed China to focus on internal development issues, and to provide an economic basis for a further leap forward. The development of the Chinese productive forces was the main concern and to it - as in the times of the united anti-Japanese front - everything had to be subordinated. But just as, after the defeat of the Japanese, the CCP resumed its strategic objectives of the Chinese Revolution, once it reached an adequate level of development, China is preparing for a new phase that requires the development of a new policy.

This is where the Chinese program of a non-imperialist “new globalization” intervenes, as opposed to the failed globalization of the United States. The founding idea of this “new globalization” is innervated and articulated in a great initiative, the Belt and Road Initiative, the new Silk Road. It is a concrete development initiative for China and the world, and at the same time a cultural proposal, closely linked to China’s new internationalism, to the struggle to build a community of shared destiny for all humanity.

Today China is the only country in the world that proposes to the whole world, to the whole of humanity, an extraordinary human development project that can become hegemonic, a key idea accepted and shared by the peoples of the world.

We are at a crossroads. The old road - which despite the smoke of novelty is also that of the “America first” of Trump - is closed, is bankrupt. Both imperialist globalization and sovranistic and exclusionary protectionism are disastrous: they are two specular reactionary forms.

Xi proposes a “new globalization”. It is not only an economic but also a cultural project of concrete universalism in the recognition of diversity and in the proposal to fight for the construction of a community of shared destiny for humanity. It is the strategic vision of the future of the entire world as an increasingly interconnected world, which requires a new type of globalization, completely different from that led by the United States and Western countries, which has been underway since 1991. Relations between countries around the world must be based on win-win reciprocity. In this sense, Xi Jinping’s thinking is the opposite of Trump’s thinking of “America first”: Xi thinks of the community of common destiny of humanity, not just the destiny of his nation. Xi’s thinking is universalistic, not particularistic. This universalism is not, however, an abstract universalism, but a concrete universalism, which considers the concrete economic and social conditions, the contradictions between social classes and states.

In his speech to the UN for the 70th anniversary, Xi Jinping said on September 28, 2015:

We should increase inter-civilization exchanges to promote harmony, inclusiveness, and respect for differences. The world is more colourful as a result of its cultural diversity. Diversity breeds exchanges, exchanges create integration, and integration makes progress possible.

In their interactions, civilizations must accept their differences. Only through mutual respect, mutual learning, and harmonious coexistence can the world maintain its diversity and thrive. Each social model represents the unique vision and contribution of its people, and no model is superior to others. Different civilizations should engage in dialogue and exchanges instead of trying to exclude or replace each other. The history of humanity is a process of exchanges, interactions, and integration among different civilizations. We should respect all civilizations and treat each other as equals. We should draw inspiration from each other to boost the creative development of human civilization [9].

For China, Xi’s thinking is an innovation and at the same time is in continuity with the thinking of Mao Zedong, Deng Xiaoping and other leaders and theorists of socialism with Chinese characters. Continuity is in a vision of China as a developing country that needs a relatively long period to develop the productive forces and must concentrate on this enormous goal: here China has achieved many successes in a few decades, and it is now the second most important economy in the world, and it is developing more and more. But the change that Xi has brought about is no less important, because, considering the level of development of the Chinese productive forces, Xi indicates that China has entered a new phase, which needs a new globalization. The Belt and Road Initiative is not only a concrete proposal for the countries of Asia, Europe and Africa; it is also a metaphor for the idea of projecting China into the world. It’s the idea of the new globalization that Xi has exposed in many speeches against the protectionist policy of the Trump administration.

In short, we can say that today in the world there are two opposing conceptions about the future, and consequently two opposing policies: the new globalization proposed by China and an exclusivist nationalism, which is a real regression for humanity.

Xi’s internationalist conception is not the erasure of China’s national interests and of socialism with Chinese characteristics; on the contrary, it is the recognition that these interests can be better developed in an interconnected world. It is the dialectic of universal and particular, national and international.

In the “new era” we meet the new phase of China’s development, aimed at overcoming its current main contradiction, as indicated by the 19th CPC Congress, and the proposal to the peoples of the world, to the workers’ movement and to all authentically democratic and progressive forces of a progressive exit onwards (and not reactionary and regressive) to the crisis of imperialist globalization.

It is the duty of the Communist parties and workers of the world, of the genuinely democratic and progressive forces, to take up the strategic challenge that Xi’s thought proposes.


NOTES

[1] Xi Jinping, The governance of China, vol. II, Foreign Languages Press, Beijing 2017, p. 597.

[2] See Nad etim razmyšljaet istorija. Zametki k 20-tiletiju s momenta razvala SSSR [This is what history is about. Notes for the 20th anniversary of the collapse of the USSR], Social Sciences Academy Press, Beijing, 2013.

[3] Xi Jinping, The governance of China, vol. II, op. cit., pp. 164-170.

[4] Xi Jinping, The governance of China, vol. II, op. cit., pp. 176-184, and several other writings and speeches.

[5] Xi Jinping, The governance of China, vol. II, op. cit., pp. 456-478.

[6] Xi Jinping, The governance of China, vol. II, op. cit., p. 355.

[7] I would like to refer to my “Changes in the global framework. Trump, EU, Italy”, in MarxVentuno n. 1-2/2018, also available at https://www.marx21books.com/mutamenti-nel-quadro-mondiale-la-politica-internazionale-di-donald-trump-la-ue-litalia/ or http://www.marx21.it/documenti/catone_mutamentinelquadromondiale.pdf.

[8] The Globalization of Poverty and The New World Order, Global Research, 2003.

[9] See “A New Partnership of Mutual Benefit and a Community of Shared Future”, in The governance of China, vol. II, p. 573.

Foto del presidente Xi Jinping

L’Anti-Trump: il pensiero di Xi Jinping sul socialismo con caratteristiche cinesi per una nuova era

Di fronte alla crisi della globalizzazione imperialista.

L’Anti-Trump: il pensiero di Xi Jinping sul socialismo con caratteristiche cinesi per una nuova era

 

di Andrea Catone, Direttore della rivista MarxVentuno


ENGLISH VERSION

 


VERSION FRANÇAISE


Sollecitato da una serie di domande postemi in un’intervista nel corso del IX Forum del Socialismo Mondiale – appuntamento ormai annuale organizzato in autunno a Pechino dal World Socialism Research Justify presso l’Accademia Cinese di Scienze Sociali (CASS) e da altre organizzazioni politiche e culturali della RPC – propongo le seguenti riflessioni sul pensiero di Xi Jinping in merito all’ingresso del socialismo cinese in una nuova era.

Foto del presidente Xi Jinping

Il pensiero del Segretario Generale del Partito Comunista Cinese ha un valore strategico non solo per la Cina – e questo già di per sé, date le dimensioni del territorio, della popolazione e dell’economia cinesi, impatta sul resto del mondo – ma anche per i partiti comunisti e operai, per i movimenti di lotta anti-imperialisti e contro il neocolonialismo, per tutte le autentiche forze democratiche e progressiste del mondo.

“Nuova era” implica che ci lasciamo alle spalle una “vecchia era”, che entriamo in una fase nuova della storia della Cina e del mondo: non solo della Cina, ma dell’intera umanità. E questo non solo perché la storia della Cina non può non influire sui destini del mondo, ma anche perché, come scrive Xi, i destini di Cina e mondo sono interconnessi: “Noi in Cina crediamo che la Cina farà bene solo quando il mondo farà bene, e viceversa”[1].

L’era in cui entriamo è nuova sia per la Cina che per il mondo.

 

  1.   La nuova era per la Cina

Che cosa è nuovo e cambia per la Cina?

Quaranta anni dopo l’avvio della politica di riforme e apertura il volto della Cina è profondamente cambiato. La RPC ha compiuto uno straordinario balzo in avanti nello sviluppo delle forze produttive. Dal punto di vista economico-sociale è stata la più grande trasformazione che la storia dell’umanità abbia mai conosciuto, avvenuta in tempi estremamente ristretti dal punto di vista della storia, che misura le grandi trasformazioni in termini di secoli e non di anni o decenni. Una trasformazione che ha coinvolto un miliardo e 300 milioni di persone, cha ha fatto uscire la stragrande maggioranza della popolazione cinese dalla povertà e ha portato centinaia e centinaia di milioni di contadini ad urbanizzarsi rapidamente. Guardata con gli occhi dello storico, si è trattato di un’impresa straordinaria, di cui forse non ci rendiamo ancora pienamente conto. Come tutte le grandi trasformazioni, essa non abbraccia soltanto i dati economici e una straordinaria ininterrotta crescita del Pil intorno al 10% in media all’anno. La grande trasformazione cinese abbraccia tutti i campi: sociale, culturale, politico, della mentalità collettiva…

Possiamo osservare un’altra straordinaria caratteristica di questa grande trasformazione: la compattezza, la saggezza, la capacità di correggere gli errori, della “classe dirigente” cinese, cioè del Partito comunista cinese. Quando dico questo, non ignoro i momenti di tensione e lotta anche acuta che si sono manifestati all’interno del gruppo dirigente cinese sulle linee da seguire; ciò fa parte della storia e della vita, che si sviluppa attraverso contraddizioni. Ma il gruppo dirigente cinese ha avuto la saggezza e la capacità di superare positivamente le contraddizioni, di mantenere saldamente l’unità del partito, di allargare la base degli iscritti, di estendere la sua influenza nella società. E ha fatto ciò tenendo ben ferme le radici della propria storia e i propri fondamenti, combinandoli con i caratteri più avanzati e progressivi della ricca e articolata cultura nazionale cinese: è stata la sinizzazione del marxismo.

Il PCC ha studiato molto attentamente l’esperienza del socialismo sovietico e ha tratto le lezioni dalla dissoluzione dell’URSS e delle democrazie popolari nell’Europa centro-orientale e balcanica tra il 1989 e il 1991. (Tra i tanti studi, vorrei ricordare il convegno internazionale promosso dalla CASS nel 2011, i cui atti sono stati pubblicati a cura di Li Shenming[2]). Tra le diverse e complesse concause che portano al disastro del 1989-91, un ruolo determinante è svolto dal cedimento politico, ideologico, organizzativo del PCUS, che avrebbe dovuto svolgere il ruolo dirigente nel processo di transizione socialista.

Il Pensiero di Xi dedica particolare cura e attenzione al partito comunista, da ogni punto di vista: ricorda ad ogni membro del partito, e in particolare ai dirigenti, che vanno strettamente osservate regole e disciplina di partito[3], che in un partito comunista non deve esserci nessuno spazio per la corruzione, che va combattuta con estremo vigore[4]; invita a lavorare quotidianamente per un legame sempre più stretto tra partito comunista e masse[5]. Inoltre, Xi riconferma la fondamentalità del marxismo: “Non dobbiamo mai dimenticare le nostre origini e dobbiamo rimanere impegnati nella nostra missione. Il comunismo cinese ha le sue origini nell’adesione al marxismo, al comunismo e socialismo cinesi e nella fedeltà al Partito e al popolo”[6]. Xi Jinping opera per lo studio e lo sviluppo del marxismo, dando impulso alle scuole di marxismo che si diffondono presso gli istituti e le università di tutta la Cina.

La straordinaria avanzata, in campo economico, sociale, politico, della Cina negli ultimi decenni, ha consentito di raggiungere un determinato stadio nello sviluppo delle forze produttive. Il percorso di questa straordinaria avanzata è stato segnato – come accade sempre in ogni complesso processo storico – da contraddizioni: tra classi sociali, tra città e campagna, tra zone della costa e dell’interno, tra regioni più e meno avanzate. Nel rapporto di Xi Jinping al XIX Congresso del PCC (ottobre 2017) esse sono state condensate nella formula di “sviluppo sbilanciato e inadeguato”. La qualità e l’efficacia dello sviluppo non sono come dovrebbero essere, la difesa dell’ambiente è inadeguata, vi sono ancora grandi disparità nella distribuzione del reddito, nello sviluppo di aree urbane e rurali e tra le diverse regioni del grande paese; il livello di welfare è ancora inadeguato. Il PCC, che si è formato sullo studio e l’analisi concreta delle contraddizioni (ricordo i noti scritti di Mao Sulla contraddizione, 1937, Sulla giusta soluzione delle contraddizioni in seno al popolo, 1957), ha colto col XIX congresso il carattere delle contraddizioni e il mutamento della contraddizione principale:

Il problema principale è che il nostro sviluppo è squilibrato e inadeguato. Questo è diventato il più grave fattore limitante nel soddisfare i crescenti bisogni del popolo per una vita migliore. Dobbiamo riconoscere che l’evoluzione della contraddizione principale che affligge la società cinese rappresenta un cambiamento storico che riguarda l’intero panorama e pone molte nuove richieste per il lavoro del Partito e del Paese. Basandoci su sforzi continui per sostenere lo sviluppo, dobbiamo dedicare grande energia per affrontare gli squilibri e le inadeguatezze dello sviluppo e spingere al massimo per migliorare la qualità e gli effetti dello sviluppo. Con ciò, saremo in una posizione migliore per soddisfare le sempre crescenti esigenze economiche, politiche, culturali, sociali ed ecologiche del nostro popolo e per promuovere uno sviluppo umano completo e un progresso sociale a tutto tondo.

La nuova era per la Cina è quindi costituita dal superamento dello sviluppo squilibrato e inadeguato e dal passaggio a uno sviluppo armonico, rispettoso dell’uomo e dell’ambiente, ecocompatibile, che pone al primo posto la crescita qualitativa piuttosto che quantitativa. La costruzione moderna del socialismo con caratteristiche cinesi si articola in tre fasi: entro il 2020 punta a completare la creazione di una società con un livello di benessere diffuso; dal 2020 al 2035 punta a realizzare le basi della modernizzazione socialista, mentre dal 2035 alla metà del secolo intende trasformare la Cina in un paese socialista moderna basato su armonia, bellezza e civiltà democratica.

Nel suo rapporto al XIX Congresso Xi ha elencato 14 punti:

  1.     direzione del partito su tutti gli aspetti della società;
  2.     la politica deve essere centrata sulle persone;
  3.     approfondire la riforma nel suo complesso;
  4.     un nuovo concetto di sviluppo (innovazione, coordinamento, green economy, apertura e condivisione);
  5.     il popolo è il padrone del paese;
  6.     aderire allo stato di diritto, governare il paese nella sua globalità secondo la legge;
  7.     sviluppare un sistema di valori socialisti e la fiducia nella propria cultura;
  8.     sostenere e migliorare i mezzi di sussistenza del popolo;
  9.     coesistenza armoniosa di uomo e natura (civiltà ecologica);
  10.     sicurezza nazionale;
  11.     piena direzione del Partito sull’esercito;
  12.     “un paese, due sistemi”: promuovere la riunificazione con Taiwan;
  13.     battersi per una comunità internazionale di un futuro condiviso per tutta l’umanità (ciò è stato inserito nel nuovo statuto del PCC);
  14.     governare il partito in modo completo e rigoroso.

 

  1. La nuova era per il mondo

La nuova era non riguarda solo la Cina, ma il mondo intero. Quale era volge al termine e quale si tratta di avviare? Qual è il carattere della nuova era?

Circa 30 anni fa, dopo il 1989-91 che portò alla fine dell’Urss e delle democrazie popolari in Europa, prese slancio nel mondo la globalizzazione imperialista, guidata dagli USA, che si presentavano come vincitori assoluti della guerra fredda.

Quella globalizzazione, attuata con guerre guerreggiate, ha sconvolto regioni importanti del pianeta, l’area dei paesi del MENA (Middle East e Nord Africa); ha portato all’assorbimento nella NATO e nella UE, sotto controllo del capitale occidentale, dei paesi ex socialisti dell’Europa orientale e balcanica e alcune repubbliche ex sovietiche; ha sconvolto le economie dei paesi dell’Africa.

Ma l’avanzata della globalizzazione imperialista si è fermata davanti alla resistenza della Russia, che dal 1999 ha licenziato El’cin ed è stata governata sotto la direzione di Putin; né è riuscita a far fronte alle crescenti contraddizioni interne al sistema capitalista. La crisi iniziata negli USA nel 2007-2008 (bolla finanziaria conseguente ad un’espansione indiscriminata del credito – i mutui subprime – per drogare una domanda insufficiente) è stata scaricata sulle economie della Ue, il cui ordinamento interno ispirato all’“ordoliberismo” tedesco ha consentito ad alcuni paesi più forti – Germania in primis – di scaricare a loro volta la crisi sui paesi più fragili, i cosiddetti PIIGS, costretti ad adottare politiche di austerità, di riduzione o cancellazione del welfare, di abbassamento dei salari. Ciò ha aggravato in questi paesi la crisi, con una caduta della domanda interna e del Pil in una spirale recessiva. Il che ha prodotto a sua volta una caduta verticale dei consensi ai partiti politici che hanno governato durante la crisi, con una crescita esponenziale di movimenti populisti e “sovranisti”, che proclamano nella rottura della Ue l’unica soluzione possibile.

La globalizzazione liberista ha inciso anche sulla struttura economica degli USA, che si è sempre più finanziarizzata, puntando sull’emissione di dollari, il cui peso mondiale come valuta di riserva e di denominazione dei prezzi internazionali delle materie prime, a partire dal petrolio, viene sostenuto dalla forza militare (gli USA spendono da soli in armi quasi quanto tutto il resto del mondo messo insieme). Nonostante l’enorme forza militare, però, gli USA hanno dovuto fare i conti con le resistenze dei paesi occupati, che gli USA e i loro alleati più fedeli, il Regno Unito, non sono riusciti a normalizzare. Per cui essi hanno sostituito all’obiettivo della normalizzazione e pacificazione di questi paesi sotto controllo diretto o indiretto degli USA la “strategia del caos” (adottata da Obama e Hillary Clinton), che mirava non più a normalizzare, ma a rendere ingovernabile un’area cruciale del mondo allo scopo di impedire che altri paesi potessero trarne vantaggio. È una strategia disperata, che ha inciso sul consenso interno all’establishment USA. La vittoria elettorale di Trump è stata la risposta al malessere interno americano[7]. Trump tenta ora un’altra strada, tra cui la guerra commerciale per recuperare il primato USA (“America first”).

Sia l’ascesa di Trump alla presidenza USA che l’avanzata di forze populiste in Europa e non solo sono una risposta alla crisi di egemonia delle classi dirigenti dell’Occidente, che avevano puntato tutto sulla globalizzazione imperialista e sull’unipolarismo degli USA e del suo braccio armato della NATO. Questa risposta non ha un carattere progressivo, ma regressivo: rispetto a un mondo sempre più interconnesso e alla possibile costruzione di una comunità di destino condiviso per l’umanità, Trump e i populisti-sovranisti propongono una chiusura protezionistica nel proprio cortile interno, la priorità assoluta del proprio stato in contrapposizione con gli altri (Donald Trump: “America first”; Matteo Salvini: “prima gli italiani”). Di fronte alla crisi delle democrazie liberali si propone un ritorno alla demagogia populista, che caratterizzò i fascismi negli anni 20 e 30 del XX secolo. Anche nel XX secolo, con la I guerra mondiale, si chiuse un primo ciclo della globalizzazione, di ciò che Marx definiva la tendenza insita nello sviluppo borghese alla realizzazione di un mercato mondiale. Alla prima globalizzazione di fine 800 e primi 900 vi furono due risposte: una progressiva, socialista e internazionalista, rappresentata dall’URSS; una reazionaria, rappresentata dal fascismo e dal nazismo. A un secolo di distanza, ci troviamo – fatte tutte le debite differenze – in una situazione analoga: da un lato, la crisi della globalizzazione imperialista, del suo falso internazionalismo, che in nome dei diritti umani ha bombardato Serbia e Iraq, Afghanistan e Libia, e ha promosso rivoluzioni colorate dalla Georgia all’Ucraina, tentando anche di attaccare Hong Kong; dall’altro le risposte reazionarie della chiusura protezionistica, della riaffermazione dell’unipolarismo che non pone limiti all’esercizio assoluto di sovranità, col conseguente disconoscimento dell’esistenza di una comunità mondiale (Trump rinnega i trattati internazionali su clima e ambiente, non riconosce altro diritto se non quello del proprio superstato). Entrambe queste posizioni – la globalizzazione imperialista e il sovranismo populista – sono reazionarie e sbagliate per i popoli e lo sviluppo del pianeta.

 

  1. La Cina e il mondo nella nuova era

Di fronte alla crisi strutturale – economica, politica e culturale – della globalizzazione imperialista abbiamo visto negli ultimi decenni la straordinaria crescita della Cina – e di altri paesi in cui ha vinto la rivoluzione guidata da partiti comunisti, come il Vietnam.

La riforma e apertura avviate da Deng Xiaoping nel 1978 hanno significato apertura della Cina al mercato mondiale; ma questa apertura non è stata indiscriminata, essa invece è stata diretta e controllata dal PCC, che aveva un suo chiaro progetto strategico di sviluppo delle forze produttive. Mentre la globalizzazione a guida USA è stata caratterizzata dall’imperialismo, e quindi è stata, come scriveva l’economista Chossudovski, la “globalizzazione della povertà”[8], l’apertura della Cina al mercato globale può definirsi una “globalizzazione antimperialista”, nel senso che la Cina ha adottato strategie e metodi che, aprendo regioni e settori della propria economia al capitale mondiale, lo ha indirizzato allo sviluppo interno del paese.

Nei tre decenni successivi al 1978, fino alle soglie del XVIII congresso del PCC (2012) la Cina ha cercato di mantenere un basso profilo a livello internazionale, ha accuratamente evitato di porsi come protagonista, pur tessendo – il forum di Shangai, i BRICS – una importante rete di legami con altri paesi. Ciò è stata una scelta saggia, che ha consentito alla Cina di concentrarsi sui problemi dello sviluppo interno, e di dotarsi di una base economica per un ulteriore successivo balzo in avanti. Lo sviluppo delle forze produttive cinesi è stata la preoccupazione principale e ad essa – come ai tempi del fronte unito antigiapponese – bisognava subordinare ogni cosa. Ma come dopo la sconfitta dei giapponesi il PCC ha ripreso i suoi obiettivi strategici della rivoluzione cinese, così, una volta raggiunto un adeguato livello di sviluppo, la Cina si appresta ad una nuova fase che richiede di sviluppare una nuova politica.

È qui che interviene il programma cinese di una “nuova globalizzazione” non imperialista, contrapposta a quella fallimentare degli USA. L’idea fondante di questa “nuova globalizzazione” si innerva e articola in una grandiosa iniziativa, la Belt and Road Initiative, la nuova Via della Seta. Essa è un’iniziativa concreta di sviluppo per la Cina e per il mondo, e al tempo stesso anche una proposta culturale, strettamente connessa al nuovo internazionalismo della Cina, alla lotta per costruire una comunità di destino condiviso per tutta l’umanità.

La Cina è oggi nel mondo l’unico paese che propone all’intero mondo, a tutta l’umanità, un progetto di sviluppo umano straordinario, che può divenire egemone, idea chiave accettata e condivisa dai popoli del mondo.

Siamo di fronte a un bivio. La vecchia strada – che nonostante il fumo di novità è anche quella della “America first” di Trump – è preclusa, è fallimentare. Fallimentari sono sia la globalizzazione imperialista che il protezionismo sovranista ed escludente: sono due forme reazionarie speculari.

Xi propone una “nuova globalizzazione”. È un progetto non solo economico, ma culturale, di universalismo concreto nel riconoscimento delle diversità e nella proposta di lottare per la costruzione di una comunità di destino condiviso per l’umanità. È la visione strategica del futuro dell’intero mondo come un mondo sempre più interconnesso, che richiede un nuovo tipo di globalizzazione, del tutto diversa da quella guidata dagli Stati Uniti e dai paesi occidentali, che è stata in atto dal 1991. Le relazioni tra i paesi di tutto il mondo devono basarsi su una reciprocità win-win. In questo senso il pensiero di Xi Jinping è l’opposto del pensiero di Trump di “America first”: Xi pensa alla comunità di destino comune dell’umanità, non solo al destino della sua nazione. Il pensiero di Xi è universalistico, non particolaristico. Questo universalismo non è però un universalismo astratto, ma un universalismo concreto, che considera le concrete condizioni economiche e sociali, le contraddizioni tra classi sociali e stati.

Nel suo discorso all’ONU per il 70°, il 28 settembre 2015 Xi Jinping ha affermato:

Dobbiamo aumentare gli scambi tra le civiltà per promuovere l’armonia, l’inclusione e il rispetto delle differenze. Il mondo è più colorato a causa della sua diversità culturale. La diversità genera scambi, gli scambi creano integrazione e l’integrazione rende possibile il progresso.

Nelle loro interazioni, le civiltà devono accettare le loro differenze. Solo attraverso il rispetto reciproco, l’apprendimento reciproco e la coesistenza armoniosa il mondo può mantenere la sua diversità e prosperare. Ogni civiltà rappresenta la visione e il contributo unico del suo popolo, e nessuna civiltà è superiore alle altre. Civiltà diverse dovrebbero avere dialogo e scambi invece di cercare di escludersi o sostituirsi a vicenda. La storia dell’umanità è un processo di scambi attivi, interazioni e integrazione tra civiltà diverse. Dovremmo rispettare tutte le civiltà e trattarci a vicenda come uguali. Dovremmo trarre ispirazione l’uno dall’altro per stimolare lo sviluppo creativo della civiltà umana[9].

Per la Cina, il pensiero di Xi è un’innovazione e allo stesso tempo è in continuità con il pensiero di Mao Zedong, Deng Xiaoping e gli altri dirigenti e teorici del socialismo con caratteri cinesi. La continuità è in una visione della Cina come Paese in via di sviluppo che ha bisogno di un periodo relativamente lungo per sviluppare le forze produttive e deve concentrarsi in questo enorme obiettivo: qui la Cina ha ottenuto molti successi in pochi decenni ed è oggi la seconda economia più importante del mondo e si sviluppa sempre di più. Ma il cambiamento che Xi ha apportato non è meno importante, perché, considerando il livello di sviluppo delle forze produttive cinesi, Xi indica che la Cina è entrata in una nuova fase, che ha bisogno di una nuova globalizzazione. La Belt and Road Initiative non è solo una proposta concreta per i Paesi dell’Asia, Europa, Africa; è anche la metafora dell’idea di proiezione della Cina nel mondo. È l’idea della nuova globalizzazione che Xi ha esposto in molti discorsi contro la politica protezionistica dell’amministrazione Trump.

In sintesi, possiamo dire che oggi nel mondo ci sono due concezioni opposte sul futuro, e di conseguenza due politiche opposte: la nuova globalizzazione proposta dalla Cina e un nazionalismo esclusivista, che è una vera e propria regressione per l’umanità.

La concezione internazionalista di Xi non è la cancellazione degli interessi nazionali della Cina e del socialismo con caratteristiche cinesi; al contrario, è il riconoscimento che questi interessi possono svilupparsi meglio in un mondo interconnesso. È la dialettica di universale e particolare, nazionale e internazionale.

Nella “nuova era” si incontrano la nuova fase dello sviluppo della Cina, volta al superamento della sua attuale contraddizione principale, come indicato dal XIX Congresso del PCC, e la proposta ai popoli del mondo, al movimento operaio e a tutte le forze autenticamente democratiche e progressiste di un’uscita in avanti (e non reazionaria e regressiva) alla crisi della globalizzazione imperialista.

Ai partiti comunisti e operai del mondo, alle forze autenticamente democratiche e progressiste sta il compito di raccogliere la sfida strategica che il pensiero di Xi propone.


[1] Xi Jinping, The governance of China, vol. II, Foreign Languages Press, Beijing 2017, p. 597.

[2] Cfr. Nad etim razmyšljaet istorija. Zametki k 20-tiletiju s momenta razvala SSSR [È di questo che tratta la storia. Note per il ventesimo anniversario del crollo dell'URSS], Social Sciences Academy Press, Pechino, 2013.

[3] Xi Jinping, The governance of China, vol. II, op. cit., pp. 164-170.

[4] Xi Jinping, The governance of China, vol. II, op. cit., pp. 176-184, e diversi altri scritti e discorsi.

[5] Xi Jinping, The governance of China, vol. II, op. cit., pp. 456-478.

[6] Xi Jinping, The governance of China, vol. II, op. cit., p. 355.

[7] Mi permetto di rinviare al mio “Mutamenti nel quadro mondiale. La politica internazionale di Donald Trump, la Ue, l’Italia”, in MarxVentuno n. 1-2/2018, reperibile anche https://www.marx21books.com/mutamenti-nel-quadro-mondiale-la-politica-internazionale-di-donald-trump-la-ue-litalia/ o http://www.marx21.it/documenti/catone_mutamentinelquadromondiale.pdf.

[8] The Globalization of Poverty and The New World Order, Global Research, 2003.

[9] Cfr. “A New Partnership of Mutual Benefit and a Community of Shared Future”, in The governance of China, vol. II, p. 573.